



C’est au début des années 2000 que les Mérigoux ont commencé à accueillir chez eux, le temps d’un repas, des étudiants venus d’ailleurs. « Ma fille avait fait connaissance avec des Martiniquais qui n’étaient jamais entrés dans une maison du Creusot. J’ai donc décidé de les inviter », se souvient Marie-Thérèse Mérigoux, chez qui l’ambiance est rapidement devenue internationale. Une fois par mois, ce sont cinq, puis huit, puis 12 étudiants qui ont alors débarqué chez elle. « À l’époque il n’y avait pas autant de nationalités que maintenant au Creusot. Certains venaient du Gabon, d’autres de Centrafrique ou du Maroc », raconte Marie-Thérèse.
Au groupe, se joint également un Français, ravi de découvrir la culture africaine plutôt que de rester seul dans son petit studio. Et c’est en 2002 que Marie-Thérèse va la rencontre de Yi, la première étudiante chinoise du Creusot. « L’objectif était de faire que personne ne reste isolé, avec pour conséquence la création d’un pont entre les nationalités », précise son époux Bernard.
Rapidement débordée, la table des Mérigoux n’était plus assez grande. Il a donc fallu étendre le système à d’autres familles. Un projet difficile à mettre en œuvre, mais qui aboutit en octobre 2006 à la création de l’association Accueil familial des étudiants internationaux.
Celle-ci rassemble aujourd’hui une vingtaine de familles du Creusot, du Breuil et de Saint-Firmin sous la présidence d’Anne Morin. En cinq années d’existence, la structure aura permis à plus de 200 étudiants de 35 nationalités de faire mieux connaissance avec la culture de leur pays hôte.
Si l’association se base théoriquement sur l’organisation d’un repas par trimestre et par famille, c’est souvent selon ses possibilités et ses envies que chaque foyer membre s’investit. « Je préfère organiser plus rarement de grandes fêtes », souligne Sophie Paton, membre actif de l’association.
Mais au-delà des invitations, il y a aussi tous les petits services rendus aux étudiants un peu déboussolés à leur arrivée en France. « Nous allons les chercher chez eux et nous les ramenons. Mais nous les conduisons aussi chez le médecin ou au TGV. Et nous leur faisons découvrir la région », dit Michel Morin, chez qui le téléphone sonne plutôt souvent. « Certes, nous sortons des buts de l’association. Mais il s’agit de répondre à une réalité », estime Bernard Mérigoux.
Aujourd’hui, les membres de l’Accueil se proposent ainsi de mettre du petit matériel de cuisine à disposition des étudiants de passage. Et depuis l’année dernière, une classe d’apprentissage au français s’est même improvisée grâce aux compétences de Sophie Paton, qui a encadré un petit groupe de Malaisiens. « Certains étudiants ne sont là que pour six mois et suivent des cours uniquement en anglais. Cette initiative a donc rencontré un vrai succès », témoigne cette enseignante en français.
C’est donc dans une ambiance détendue et bon enfant que 27 jeunes, répartis en deux groupes, apprennent cette année à se présenter, à demander leur direction ou encore à faire leurs courses en français.