Un an pour une nouvelle vie
Article du 25/02/2011 de inconnu
Reconversion. Un DUT Tech de Co en un an, accessible aux demandeurs d’emplois.
Comme la moitié de ses « camarades » de classe, Yves Carry, 50 ans, prépare un DUT technique de commercialisation en un an à l’IUT du Creusot. Un challenge pour retrouver un job. DUT. L’année spéciale destinée aux demandeurs d’emploi
permet de passer le diplôme en un an au lieu de deux. Débouchés. Le DUT Tech de Co mène aux métiers du commerce, banque, finance, communication, marketing, logistique… Le défi est grand mais l’homme est motivé. Victime d’un licenciement en 2009 alors qu’il occupait un poste de dessinateur dans un bureau d’étude, Yves Carry, un quinquagénaire d’Auxy, a décidé de rebondir. Il a repris la route de l’école pour décrocher un diplôme. « Après mon licenciement, j’étais au chômage, j’avais envie de travailler dans la filière commerciale, j’ai commencé à taper aux portes des entreprises et je me suis vite rendu compte que ma volonté ne suffisait pas. Il me fallait un diplôme ». Après avoir passé un bilan de compétences, le néochômeur est orienté vers l’IUT du Creusot pour suivre les cours en vue d’obtenir son diplôme universitaire de technologie (DUT) en techniques de commercialisation. « Cette réorientation m’a vraiment permis de rebondir après mon licenciement. Bien que ce soit un peu dur de remettre le pied à l’étrier des études, c’est vraiment un nouveau départ pour moi », confie Yves Carry. Volonté et pugnacité Même si dans sa classe tout le monde suit le même cursus pour décrocher le diplôme en un an, la majorité des étudiants accusent plusieurs dizaines d’années de moins qu’Yves, et l’apprentissage n’est pas égal. « Je dois travailler plus que les autres. Le soir, je reprends mes cours, le week-end aussi, et pendant les vacances également. Mon fils de 11 ans me donne même quelques tuyaux en informatique. Tout est nouveau pour moi. La moindre chose comme la prise de note me demande une période d’apprentissage ». Les nouveaux collègues d’Yves ont, pour la plupart, la moitié de son âge. Filière très féminisée, les jeunes femmes ont décidé de changer de filière après leur premier cycle d’études. La classe compte une quinzaine d’élèves divisée pour moitié entre des personnes comme Yves et des jeunes qui changent de filières. Après quatre mois d’études, Yves, bien que parfois découragé devant le challenge du diplôme, est bien déterminé à tout donner pour continuer. « C’est un vrai ascenseur pour moi, j’ai enfin trouvé ma voie, même si c’est un peu tard. Pour augmenter mes chances, j’envisage déjà un stage pour perfectionner mon anglais à la fin de l’année scolaire ». Déterminé, Yves est ravi de cette chance qui lui est offerte. Après l’épreuve du licenciement, la confiance revient. « Aujourd’hui j’ai beaucoup moins peur d’être amené à travailler dans n’importe quel secteur ». Carine Jondeau Publié le 25/02/2011