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Les étudiants entre débrouille et galères


  • Deborah Martin n’hésite pas à enchaîner trois jobs dans sa semaine pour garder les moyens de vivre décemment. Photo F.B.

Les étudiants entre débrouille et galères

Précarité. Les conditions de vie des étudiants ne cessent de se dégrader et les obligent très souvent à trouver un job quitte ensuite à sacrifier leurs études.


Il est bien loin le temps de l’insouciance des étudiants de Saint-Germain. Beaucoup travaillent et n’ont plus le temps de se cultiver.

Boursiers.  Le CROUS gère 12 500 boursiers dont 76 % sont inscrits à l’université de Bourgogne, soit 30 % des élèves de l’Académie. Jobs étudiants. Selon une étude de l’ODE 2007-2008, 41 % des étudiants font un job, dont 39 % pour vivre et 32 % pour le bien-être. Étrangers.  Des cas particuliers de détresse financière
sont signalés parmi certains étudiants africains.

Deborah Martin, 19 ans, étudiante en deuxième année d’économie et gestion enchaîne trois jobs pour subvenir en partie à ses besoins.

Son premier travail est plutôt sympa, puisqu’elle est serveuse à la cafétéria de la fac Droit-Lettres. Dix heures par semaine à servir des cafés et des sandwichs. Mais cela ne lui suffit pas : « Mes parents payent le loyer de mon studio, près de la fac. Ca représente 350 € mensuels, avec les charges. Comme mes parents ont des moyens modestes, ils ne peuvent pas faire plus. »

Concilier job et études

Du coup, lorsqu’elle rentre en fin de semaine chez elle, à Chalon-sur-Saône, elle enchaîne six heures à Métro. Comme cela ne suffit pas, une semaine sur deux, elle assure six heures de surveillance au musée de Chalon-sur-Saône. Ces 22 heures hebdomadaires lui rapportent 500 €. Problème, quand elle a fait tout ça, il lui faut assumer sa deuxième vie… d’étudiante.

Avec 30 heures de cours et travaux dirigés, elle n’a pas le temps de souffler : « J’espère tenir. L’an dernier, je ne travaillais pas et j’ai eu facilement mon année. Mais il faut bien que je me débrouille car je suis dans la mauvaise tranche. Mes parents gagnent trop pour que j’obtienne une bourse, mais pas assez pour me payer mes études ». Si ce rythme effréné ne l’empêche pas de continuer, elle a l’ambition de passer un master en finances.

On retrouve une situation similaire avec Christophe Resgny qui poursuit un master professionnel d’archiviste. Il aurait bien arrêté à la licence professionnelle pour entrer dans le monde du travail, mais dans sa spécialisation, les employeurs ne recrutent qu’au niveau du master. Pour lui aussi, il est difficile de joindre les deux bouts.

À l’origine de ces difficultés, on trouve des situations variées, entre ceux qui sont issus de milieux défavorisés, ceux dont la famille est subitement touchée par la crise, ou encore ceux qui sont en rupture avec leur milieu et qui se retrouvent sans un sou. On voit aussi des familles qui se désengagent de leur obligation alimentaire, pourtant fondée sur les articles 203 et 371-2 du Code civil. À ce propos, les circulaires administratives insistent bien sur le fait que les différentes bourses et aides sont destinées à venir en complément des ressources fournies par les familles.

Avec 30 % de taux de boursiers, l’académie se situe six points au-dessus de la moyenne nationale. Sont-ils plus pauvres qu’ailleurs ? Pas forcément, car la répartition entre les six niveaux de bourse est relativement homogène, alors que dans d’autres régions, on constate une plus forte proportion en sixième catégorie.

Franck Bassoleil

Publié le 21/12/2010



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